Le diagnostic de silo DEKALB dans le MagXXlait 9 juin 2015

A la lecture de cet article vous comprendrez comment l’audit de silo pratiqué par DEKALB à l’EARL de L’Epine dans l’Eure a été fort utile pour Arnaud Guichard et son fils Thomas. Comme ils en temoignent :

 

«  L’audit de silo identifie les zones d’amélioration du tassage pour le prochain chantier »

 

Au printemps 2014, l’EARL de l’Épine dans l’Eure a agrandi ses trois silos de maïs pour réduire la hauteur des tas, et donc améliorer le tassage et la conservation. Le bâchage a aussi été revu. Le diagnostic silo réalisé par DEKALB l’hiver dernier, a confirmé une homogénéité de température et de pH sur le front d’attaque mais un tassage encore irrégulier. 

 

 

À Saint-Aubin-de-Scellon dans l’Eure, Arnaud Guichard et François Chartier associés au sein de l’EARL de l’Épine, comptent aujourd’hui 142 vaches en lactation. Le troupeau s’est agrandi au fil des ans, mais les silos de maïs sont restés quasi inchangés depuis leur construction il y a une quarantaine d’années. Or, depuis longtemps, leur taille est insuffisante pour stocker dans de bonne condition l’ensilage de maïs. «Lorsque le tasseur doit opé- rer à 3 mètres au-dessus des murs, il ne travaille pas suffisamment sur les bords et la conservation est forcément mauvaise», indique Arnaud Guichard. Et en effet, chaque année, l’exploitation perdait une bande de 10 cm en périphérie du tas, sur les 3 mètres dépassant les murs. En 2013 et 2014, les éleveurs ont investi dans 80 plaques de silos et 1000 m² de dalle bétonnée, afin d’allonger les silos de 15 mètres. Les dimensions des trois silos couloirs ont donc été portées à 40 mètres de long pour 12 mètres de large et 3 mètres de haut. «Notre objectif était de ne plus dépasser la hauteur des murs pour faciliter le tassage», souligne l’éleveur. 

 

Un audit de silo 

En complément de cet investissement, l’EARL de l’Épine a revu ses pratiques de bâchage. Dorénavant, des bâches de côté viennent protéger le contact avec les murs du silo et recouvrir les deux tiers du tas. Une bâche neuve est posée dessus ; une simple bâche pour le silo d’hiver et une bicouche pour le silo d’été. Aujourd’hui, avec toutes ces évolutions, les éleveurs repèrent les signes d’une bonne conservation : pas d’échauffement du front d’attaque, pas de trace de pourriture et un maïs bien tassé, plutôt difficile à reprendre, le tout accompagné d’une bonne valeur alimentaire. Tous ces signaux au vert les dispensent d’utiliser un conservateur qu’ils réservent au silo d’herbe (il est plus difficile d’ensiler l’herbe au stade optimal de matière sèche). L’hiver dernier, les éleveurs ont eu l’opportunité de confirmer l’efficacité de ces modifications de stockage, en faisant un diagnostic du silo ouvert. Il a été réalisé par un ingénieur fourrage de chez DEKALB, Sophie Hard. «Sur le front d’attaque, je prends 24 points où sont mesurés le pH, la température, la compaction et la densité du fourrage, qui sont ensuite reportés sur un schéma et commentés pour déterminer les zones à problème», détaille-t-elle. 

Les éleveurs ont rallongé les silos de 15 mètres afin de limiter la hauteur d’ensilage au niveau des murs.

 

Densité moyenne de 210 kg MS/m3 en tout point du silo

Pour l’EARL de l’Épine, les indicateurs étaient globalement bons : moins de 5°C d’écart en moyenne entre le front d’attaque et la température ambiante, un pH inférieur à 4 en tout point, et une densité moyenne satisfaisante, proche de 200 kg MS/m3. Néanmoins, «on pouvait constater un gradient : près de 250 kg en bas, pour terminer autour de 100kg de MS/m3 sur les 20cm du pourtour», souligne l’ingénieur. Une marge de progrès a ainsi pu être mise en évidence : poursuivre encore plus longtemps le tassage après la fin de la rotation des bennes afin que la densité moyenne observée atteigne les 210 kg MS/m3 en tout point du silo.

Audit de silo DEKALB

L’audit de silo DEKALB analyse le pH, la température et la densité du fourrage en 24 points.

 

Arnaud Guichard apprécie avoir ces données objectives : «à l’œil nous avons seulement une intuition, il est donc intéressant de pouvoir mettre des chiffres en face et de savoir où il faudra améliorer le tassage pendant le prochain chantier». Lors du diagnostic, l’ensilage est aussi passé au tamis secoueur afin de connaître la répartition dans la taille des particules et donc de vérifier la précision du hachage réalisé par l’entrepreneur. Dans cet élevage, l’éleveur a pour objectif une coupe à 20 mm, «afin d’éviter les risques d’acidose liés aux 3 kg de MS de pulpe de betterave surpressée inclus dans la ration (voir détail de la ration en encadré)». Les premières bennes sont systématiquement contrôlées visuellement sur la finesse de hachage et l’éclatement du grain, ce qui pour l’éleveur est à améliorer : «il faudrait sûrement revérifier (le hachage et l’éclatement des grains) à chaque changement de parcelle, mais je ne suis pas toujours à proximité du silo. Par contre, l’entrepreneur joue le jeu en s’adaptant au taux de matière sèche et aux conditions de la parcelle».

 

2 silos sur 3 à remplir


 Le format large des silos a été choisi pour obtenir un débit de chantier élevé et ensiler les 45 ha en deux jours. «Nous disposons d’une ensileuse 10 rangs de 650cv, de 2 bennes 3 essieux, de 5 bennes de 18 t, et de 2 tracteurs tasseurs de 12 t chacun équipés de masses qui font 10 aller-retours par couche», précise Arnaud. Deux silos sont remplis et fermés le jour de l’ensilage, pendant que le troisième reste ouvert pour l’alimentation du troupeau. Ainsi, les deux silos du «nouveau millésime» peuvent rester fermés deux mois pour assurer une bonne acidification du fourrage. En revanche, cette largeur de silo est trop élevée pour permettre une avancée optimale du front d’attaque à la belle saison, lorsque les vaches sont à l’herbe. Si en hiver, l’avancement est de 30-40 cm par jour, il est moitié moins élevé en été même si, à cette période, les éleveurs prélèvent sur la moitié du front d’attaque en alternance un jour sur deux. Mais la qualité reste bonne toute l’année.

 

 

 

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Source : Le Mag XXLait n°1 - juin 2015