Le principe du rationnement chez les bovins

9 déc. 2015

Principe de rationnement chez les bovins

 

Une ration conçue pour des bovins n’est ni plus ni moins qu’une recette à partir de matières premières ayant pour finalité zootechnique un niveau de production à atteindre. Il est alors nécessaire de connaître d’une part les besoins des bovins et d’autre part la valeur nutritive des aliments qui leurs seront proposés. La capacité d’ingestion de l’animal et le prix des aliments sont les deux principales contraintes à la conception des rations.

 

Principe de rationnement des bovins

 

 

1. Les besoins des bovins

a. La nature des besoins

 

Besoin en Énergie des bovins :

Les bovins comme tout être vivant ont besoin d’énergie pour leurs cellules. Cette énergie est exprimée en UFL pour des génisses ou des vaches laitières. L’UFL est l’ « unité fourragère lait » et correspond à la quantité d'énergie nette absorbable pendant la lactation du ruminant. Pour les bovins à l’engraissement, l’énergie est exprimée en UFV. Cette unité signifie « unité fourragère viande » et correspond à la quantité d'énergie nette absorbable lors de l'engraissement ou de l'entretien d'un ruminant.

 

1 UFL = 1,700 kcal

1 UFV = 1,820 kcal

 

 

Besoin en Protéines des bovins :

Chez les ruminants les protéines sont exprimées en gramme de protéines absorbées au niveau de l’intestin grêle encore appelées PDI qui signifie « Protéines Digestibles dans l’Intestin ». La totalité des PDI est en fait la somme de deux sous-ensembles : les PDIA, protéines digestibles dans l’intestin, d’origine alimentaire, qui ne sont pas dégradées par le rumen et les PDIM, protéines digestibles dans l’intestin synthétisées par les microorganismes du rumen. Ces PDIM sont synthétisées grâce à l’azote et l’énergie provenant de l’alimentation. Il est alors question de PDIME, PDI d’origine microbienne permise par l’énergie et de PDIMN, PDI d’origine microbienne permise par l’azote. Le niveau le plus limitant entre PDIME et PDIMN fixant le niveau de PDIM disponible.

 

Besoin en Protéines des bovins

 

 

 

Besoin en Vitamines et minéraux des bovins :

 

Il faut aussi s’assurer d’un apport suffisant en vitamines et minéraux. Les apports ou compléments en minéraux et vitamines (A ou CMV) sont des éléments apportés en petites quantités relativement aux autres aliments mais leur apport est vital à l’organisme et aux réactions biochimiques. Les apports en vitamines A, D3 et E sont les plus courants. Les minéraux les plus apportés chez les bovins sont le calcium, le phosphore et le magnésium.

 

 

b. Les types de besoins des bovins

Les besoins journaliers des bovins varient en fonction de leur stade physiologique.

Pour vivre, un animal à un besoin minimum en énergie et en protéines que l’on appelle le besoin d’entretien. Le besoin d'entretien varie avec le poids et l’activité de l’animal. Pour croître, produire du lait ou maintenir une gestation, les bovins ont des besoins spécifiques. En cas de manque d’énergie les animaux vont prioriser, leur besoin d’entretien d’abord, puis leur besoin pour la croissance. La production de lait est donc vite impactée par une carence énergétique. Les lacunes énergétiques en début de lactation bannissent toute tentative de nouvelle gestation et peuvent engendrer des mortalités embryonnaires par la suite.

 

Les types de besoins des bovins

 

 

2. La capacité d’ingestion des bovins

La capacité d’ingestion d'un animal est le volume de fourrages que l’animal peut ingérer. Elle s’exprime en unité d’encombrement (UE). On parle d’UEL pour les animaux laitiers, d’UEB pour les animaux en engraissement et d’UEM pour les ovins. Les fourrages grossiers (foins) sont plus encombrants que les fourrages hachés (ensilages). Lorsque la ration est établie la capacité est une limite. Il est possible de jouer sur ce paramètre de capacité d’ingestion en accélérant la vitesse de transit dans le rumen (finesse de hachage et vitesse de dégradabilité des éléments). Une autre manière d’actionner ce levier est de veiller au bon développement du rumen durant la croissance des animaux (0 à 6 mois). Au fil des années, il est aussi possible de sélectionner des vaches avec des volumes d’ingestion plus importants.

 

 

3. La valeur nutritionnelle des aliments

Pour composer une ration et répondre aux besoins des animaux, il est primordial de connaître ou au moins estimer la valeur alimentaire des éléments qu’ils ingèrent. Le principe d’une ration alimentaire est de couvrir au mieux les besoins des animaux par le fourrage puis de compléter par les concentrés.

 

 

 

Sources :

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Brocard, V., Brunschwig, P., Legarto, J., Paccard, P., Rouillé, B., Bastien, D., & Leclerc, M.-C. 2010. Guide pratique de l’alimentation du troupeau bovin laitier (262p). Institut de l’élevage.

Contrôle laitier et chambre d’agriculture de Normandie, 2008, Rationnement des vaches laitières.

Coutey, L., 2012. Rumen passage rates of soluble nitrogen of grass silage in dairy cows measured by stable isotope technique. Master Thesis Animal Nutrition Group. Wageningen University.

Delaby L., Peyraud J.L., 2009. Valoriser les fourrages de l’exploitation pour produire du lait. Fourrages, 198, (190 - 210)

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INRA, 2007, Alimentation des bovins, ovins et caprins, besoins des animaux- Valeurs des aliments.

Lautrou Y. 2009. La digestion chez les ruminants. Ecole Supérieure d’Agriculture d’Angers.

Soltner, D., 2001. Alimentation des animaux domestiques. Tome 1 : Les principes., Sciences et Techniques Agricoles.

Soltner D., 2006. Tables de calcul des rations, 27ème édition, collection sciences et techniques agricole

Wolter, R., 1997. Alimentation de la vache laitière 3e Edition. Paris: France Agricole.